Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Le troisième homme/The third man" de Carol Reed (Royaume uni, 1949)
Holly Martins, modeste auteur de romans western, se rend à Vienne après-guerre, alléché par les propositions lucratives d'un ancien camarade d'université, un certain Harry Lime,. Or, arrivé sur place, Martins se rend vite compte que son ami est introuvable. Martins ira de surprise en surprise avant de retrouver Lime ainsi que la terrible vérité que celui-ci dissimule.
Qu'écrire sur un tel film non seulement commenté, célébré, devenu une légende aussi méritée qu'encombrante? Bon, il reste bien quelques miettes. A bien regarder, 'Le troisième homme" accumule les paradoxes. Film ultra-célébré au point d'effacer le nom de son réalisateur, il bénéficie de la présence d'Orson Welles qui n'a pour temps qu'un temps limité à l'écran (Mais quel temps, ah la tirade sur le coucou suisse, digne de Shakespeare et je suis sérieux) et enfin et malheureusement il souffre du mal commun à tout les films ayant un certain âge: c'est un vieux film.
Mais, par les temps qui courent, qu'est-ce u'un vieux film? Au mieux une antiquité qu'on regarde avec un respect facultatif, au pire, quelque chose comme un vieux meuble juste bon à mettre sur la rue. En fait, c'est un objet qui n'a plus lieu d'être et donc dont il ne faut pas parler. Et pourquoi d'ailleurs? Tout le monde s'en fout, il y a Aya Nakamura, les footballeurs t le Rap, Mattieu Kassovitz, un monde merveilleux. Quoi, ça ne vous plait pas? Mais qu'est-e qu'il vous faut?
Raisonner ainsi, c'est nier que tout forme une chaîne. Tout vient de quelque part. Les thrillers contemporains ont eu des précédents auxquels ils se réfèrent parfois involontairement. Un vieux film dépassé? Raisonner ainsi, c'est penser comme un publicitaire pur qui tout est jetable. C'est oublier ou ignorer que la musique d'Anton Karas fut bien souvent détournée, notamment par Bo Arne Vibenius (Réalisateur de "Thriller/Crime à froid"" avec sa vengeuse borgne qui inspira tant Tarantino) pour son polar porno "Breaking point". Que Peter Jackson, pas encore cinéaste du "Seigneur des anneaux" se référa à la scène du tunnel pour son magnifique "Créatures célestes" Raisonner ainsi, c'est oublier la persistance du thème abordé par le film; celui des profiteurs qui détournent des produits de première nécessité. Thème par ailleurs abordé par d'autres films noirs de l'époque tel "Brigade secrète/The sleeping city' de George Sherman (1950)
Et puis, et puis, il y a la beauté des cadres, l'usage judicieux de Vienne, splendide et corrompue par les spectres de la guerre, du nazisme et des margoulins alliés. Et bien sûr les acteurs, outre un Welles magistral en ordure flamboyante, il y a Joseph Cotten parfait dans un personnage pourtant peu facile à défendre, le scénario habile, complexe sans être tordu. Et pour les cinéphiles amateurs de James Bond, la présence dans un petit rôle de militaire de Bernard Lee, futur "M" autrement dit le patron de 007.
A voir, à revoir! Un classique au meilleur sens du terme. Un "vieux film", je t'en foutrais moi!...