Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: les biographies
Je voudrais vous parler dans cet article des biographies de rock stars. Le genre étant riche, j'ai décidé de me concentrer sur trois ouvrages en raison de leur notoriété et, pour deux d'entre eux, les controverses qu'ils ont suscité. Controverses...un mot lourd de sens et qui, vous allez le voir, semble définir les ambitions de certains auteurs dès qu'i s'agit de traiter de la vie scandaleuse des riches et célèbres.
Vous le savez - enfin ceux qui me connaissent- j'ai le sens des priorités. Aussi, avant de m'attaquer au(x) gros morceau (x) je commencerais par le plus raisonnable des ouvrages traités ici: "Hellfire" de Nick Tosches. Cette biographie du "Killer" à savoir bien entendu Jerry Lee Lewis publiée en 1982 jouit d'une réputation auprès de beaucoup, certains allant jusqu'à la considérer comme 'un des "plus beaux livres écrits sur un musicien." Faut pas pousser. Le livre est plat, parsemé de rares éclats,et l'auteur ne tire guère partie de la vie du pianiste pourtant riche en extravagances et offrant donc un matériau hautement romanesque. Certes, l 'ensemble est traversé par les théories du biographe, intéressantes mais insuffisamment développées. Elle était pourtant séduisante, l'idée du dernier des fils sauvages du sud, autrement dit la revanche des confédérés via la musique populaire mettant les nordistes à genoux (Et le reste du monde) Quoiqu'il en soit, le livre a pour lui d'éviter les vilains travers de ceux qui vont suivre, la complaisance dans le sordide et le mensonge. Il y a une grande honnêteté ici qui force le respect. Ce qui ne fait pas de ce travail un chef d'oeuvre.
Au suivant!
Et maintenant le "Elvis" de Albert Goldman, titré chez nous "Elvis, un phénomène américain". Cet ouvrage que d'aucuns nomment un torchon (Voire pire, pour les malpolis) fit son petit effet lors de sa publication en 1981 dans son pays d'origine. Et pour cause, l'auteur entreprend une démolition du mythe en exposant les turpitudes sexuelles, alimentaires et narcotiques du King. A la vérité, ces révélations n'en n'étaient pas puisque les gardes du corps du King avaient déjà déballé le linge sale de leur ancien patron (L'intéressé les avait licencié, faut-il y voir une vengeance?) cinq ans auparavant dans un livre publié chez nous sous le titre "Le roi déchu" ("Elvis: what happened?" en langue originale) Aussi Goldman, qui était une saloperie de rongeur mais pas un imbécile, décida-t-il de meringuer sa tarte de mensonges éhontés, notamment concernant un goût suspect pour les très jeunes personnes. Mais le pire dans l'affaire demeure le ton écoeurant de mépris à l'égard du sujet. Car, c'est bien connu, ce qui compte ce n'est pas tant la vérité que le manière dont on la regarde. Goldman déclara d'ailleurs que son intention était de détruire les rêves suscités par l'idole. Goldman dut finalement admettre qu'il avait échoué dans son entreprise. Un mythe s'use mais on ne le détruit pas, en particulier quand on est un plumitif nain rempli de fiel. A ce propos, il y a un autre constat, qui n'est guère pus réjouissant. En regard des ventes spectaculaires des ventes du torchon de Goldman, i est évident que la curiosité malsaine n'est pas un vain mot.