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Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.

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Hommage

Aujourd'hui: Serge Gainsbourg et le polar au cinéma.

Ce blog étant intitulé "Noir dandy" en référence au film noir et à l'habillement, il allait de soi qu'il fasse un détour par Serge Gainsbourg. L'artiste étant mort il y a trente cinq ans, c'était l'occasion de faire  d'une pierre deux coups, en lui rendant hommage, d'une part, et en s'offrant un mini-panorama du polar français des années 60/70. Après tout,  Gainsbourg fut une manière de dandy et contribua au genre noir au cinéma. Pour le meilleur et pour le pire mais en participant à diverses variations du genre policier. Pour le meilleur et pour le pire!

En avant donc non pour cinquante nuances de gris mais quelques nuances de polar. Le genre avait alors plus que le vent en poupe, il était un pilier de notre cinéma. Il était donc logique que l'acteur occasionnel qu'était Gainsbourg s'y trouve mêlé. D'abord dans "L'inconnue de Hong Kong" de Jacques Poitrenaud (1963) ou il côtoie une célèbre consoeur Dalida. Gainsbourg y est une potiche - un emploi qu'il occupe fréquemment dès lors qu'il touche au cinéma. Il y a peu à dire du film de Poitrenaud, intrigue banale, exotisme facile (Hong Kong était fort prisé à l'époque semble-t-il si on considère "Le monocle rit jaune" de Lautner sorti l'année suivante)

Dans "Estouffade à la Caraibe" de Jacques Besnard, on est dans l'espionnite, vogue suscitée par le succès ('inter)planétaire de 007. C'est d'ailleurs un habitué du genre qui tient la vedette, Frederick Stafford, acteur australien qui fut un des nombreux OSS 117 (Mon Dieu, ces délires téléphoniques!) et le beau Serge joue de nouveau les potiches faire-valoir avec une ligne de dialogue en forme de gag à répétition: "MacLain, c'est le plus fort!" A part ça? Rien! Au suivant!

Dans "L'inconnu de Shandigor" de Jean Louis Roy, on est encore dans l'espionnite mais à un tout autre niveau. Le scénario brode autour du canevas classique du savant détenteur d'une formule après laquelle tout le monde court. Pas grand chose de neuf à priori, sauf que dès le début, il est évident que le ton diffère radicalement des produits de série avec le ton entre surréalisme et parodie. Gainsbourg y jue un maître espio qui entraîne un commando de chauves dans une piscine. Il entoure Daniel Emilfork, Howard Vernon, Jacques Dufilho et quelques autres qui forment un défilé de gueules qui cabotinent dans une histoire folle et cependant maîtrisée. Une perle méconnue qui mérite une redécouverte ou Gainsbourg montre un talent de comédien et pousse la chansonnette. Le titre en question " Bye bye mister Spy" fait partie d'un des meilleurs titres que son auteur ait composé pour le cinéma. Ce qui ramène au vrai métier de Gainsbourg: musicien.

Cela me permet de faire une transition avec le film suivant: "Le pacha" de Georges Lautner. Tout ayant été dit sur cet excellent polar, je passerais vite sur le sujet. Gainsbourg auteur de la bande originale n'y apparaît que comme chanteur face à Gabin, ce qui est une confrontation silencieuse entre deux mondes. A noter que le titre interprété ici n'est autre que "Requiem pour un c...", géniale création à base de percussions que Gainsbourg réenregistrera peu avant sa mort sentant la parenté du morceau avec la Techno naissante. Ce ne fut pas la seule fois que Gainsbourg cumulera les fonctions d'acteur et de compositeur à l'écran. Citons pour mémoire "Ce sacré grand-père" et "Mister Freedom"

Passons maintenant à "Cannabis" ou cette fois le beau Sege tient le rôle principal, avec à ses côtés sa chère et tendre Jane Birkin (Non Serge, ils ont pas vu la cochon!)Gainsbourg en tête d'affiche incarne un tueur à gages chargé d'un contrat à Paris. Il y rencontre une belle jeune femme, il veut devenir honnête, ça ne marche pas et bang! Coproduction avec l'Italie oblige, quelques acteurs transalpins panouillent. Et pas des moindres Gabriele Ferzeti, Mario Brega. Par ailleurs Curd Jurgens cumule quelques points de retraite et...c'est tout! Au suivant!

Le bon goût voudrait qu'on ne termine que par le meilleur. En l'occurrence, ce ne sera pas le cas. "Trop jolies pour être honnêtes" est lamentable, comédie policière nunuche et vaguement sexy qui entretient une lointaine parenté avec certains polars au féminin des années 50 ("Pas de souris dans le bizness", par exemple) il n'en a pas le charme et Gainsbourg rétrogradé au rang d'homme de main maladroit y est ridicule. Jane parmi les têtes d'affiche entourée notamment par Bernadette Laffont. Mais pourquoi s'en étonner, la chose étant signée Richard Balducci, futur auteur de désolants films comiques ( "N'oublie pas ton père au vestiaire") avant de se reconvertir dans le bouquin astrologique.

Par la suite Gainsbourg se fera rare au cinéma en tant qu'acteur, activité qui fut pour lui avant tout lucrative (Enfin plus ou moins!). Certes, il fera une apparition dans "Je vous aime" de  Claude Berri et composera quelques bandes originales ("Sex shop", "Les bronzés", "Goodbye Emmanuelle) et réalisera des films de qualité variable. Au-delà du cas personnel, il est intéressant de noter que son retrait du devant des caméras correspond à l'abandon de certaines pratiques qui permettaient la présence de personnalités qui n'étaient pas acteurs mais qui avaient un nom. Cela se reverra plus tard mais pas de façon aussi régulière.

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"L'inconnue de Hong Kong"

"L'inconnue de Hong Kong"

"Estouffade à la Caraibe" de Jacques Besnard (1967)

"Estouffade à la Caraibe" de Jacques Besnard (1967)

"L'inconnu de Shandigor" de Jean Louis Roy (1967)

"L'inconnu de Shandigor" de Jean Louis Roy (1967)

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"Le pacha" de Georges Lautner (1967)

"Le pacha" de Georges Lautner (1967)

"Cannabis" de Pierre Koralnik (1970)

"Cannabis" de Pierre Koralnik (1970)

'Trop jolies pour être honnêtes" de Richard Balducci (1972)

'Trop jolies pour être honnêtes" de Richard Balducci (1972)

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