Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: Bon anniversaire John Milius
L'anarchiste zen, ainsi qu'il se décrivit lui-même, vient d'atteindre quatre-vingt deux ans. Malgré un AVC et les nombreux remous qu'il suscita au long de sa carrière. Scénariste brillant, cinéaste inégal mais passionnant, personnage flamboyant. Voila comment résumer cet homme, artiste majeur du cinéma américain et plus précisément du Nouvel Hollywood. Mais à la différence de nombre de ses collègues, Milius faisait cavalier seul, classé parmi les réactionnaires, appréciant peu les hippies, il n'en n'était pas moins irrévérencieux envers les institutions. A ce titre, il est l'un des rares exemples d'anar de droite dans le monde anglo-saxon. Preuve en est les deux premières aventures de l'inspecteur Harry - dont il fut l'un des créateurs, sans en recevoir le crédit pour le premier opus de la saga- qui tournent le dos à la fois à la lourdeur judiciaire et aux excès proches du fascisme.
Milius tomba dans le cinéma par hasard. Sportif accompli, surfeur émérite, il se rêvait champion mais n'y parvint pas. Il tenta d'entrer dans les Marines qui n'en voulurent pas. Heureusement, il aimait aussi les livres et suite à une de ces malices que réserve parfois le destin, il se mit à écrire... pour le cinéma et ce contre l'avis de certains qui ne lui trouvaient aucune discipline.
Un destin inattendu, une personnalité atypique. Qu'en résulta-t-il?
Nombre de personnages auxquels il donna vie furent en conséquence des exemplaires uniques qui tournent le dos à toutes les conventions. Le trappeur Jeremiah Johnson, les deux colonels de "Apocalypse now", le "Juge et hors la loi" Roy Bean, le chef de tribu arabe dans "Le lion et le vent", les surfeurs de "Graffiti party", "Conan le barbare", les jeunes résistants de "L'aube rouge", les centurions de la série "Rome", le président Roosvelt (Qui apparaissait déjà dans "Le lion et le vent") le gangster "Dillinger", les aviateurs du "Vol de l'Intruder" et bien sûr le déserteur devenu roi d'une tribu du Pacifique dans "L'adieu au roi" (Adapté d'un roman de Pierre Schondorffer, dont le film "La section Anderson" inspira "Apocalypse now) et Quint, le chasseur de requins des "Dents de la mer" (Milius écrivit le monologue sur le naufrage du bateau sur lequel Quint srvit dans U.S Navy. Il ne fut pas là non plus crédité au générique)
Il y aurait beaucoup à dire sur ce géant parfois contrarié, mais il convient de finir sur une anecdote qui se passa à Hawaii, un des havres du Surf mondial. Le jeune Milius cherchait du travail sur un bateau. Pour arriver à ses fins, il s'adressa à un vieux briscard qui lui demanda s'il savait naviguer. Milius lui répondit que non. Le vieux briscard conclut l'entretien par "Reviens quand tu sauras naviguer mon garçon!" Le vieux briscard, c'était John Wayne, qui tournait alors "Dononvan's reef".
"Marcello, I'm so bored", premier court métrage de John Milius, dont le titre était un clin d'oeil" à "La dolce vita" de Fellini.