Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Rock island line" de Leadbelly
Les racines du Rock'n'Roll sont profondes et lointaines. S'il est un morceau qui illustre ce cas de figure, c'est bien "Rock island line" de Huddie Ledbetter, plus connu sous le nom de scène de Leadbelly. Il n'appelait pas s'appeler Huddie les bons tuyaux. Bon, trêve de plaisanterie. En fait, et là il faut casser un mythe, Leadbelly ne fut pas le seul auteur du titre. A l'origine, il était l'oeuvre d'un certain Kelly Pace qui la créa en prison dans les années 30 - il s'agit donc d'une "Chain gang song", un chant destiné à soutenir les détenus pendant les travaux forcés qu'ils accomplissaient, généralement sur les routes. Quoiqu'il en soit, Pace l'enregistra en premier, puis le musicologue John Lomax en 1939 puis Leadbelly. Ce dernier s'en empara, la compléta, en changea les paroles et le tour était joué. Ou presque. Ce n'était que le début de la vie pour cette chanson qui trouva les faveurs du public anglais par la version qu'en donna Lonnie Donegan au milieu des années 50. Il lança alors le genre dit du Skiffle, mélange de Jazz, Blues et Folk qui connut un immense succès au Royaume uni, créant chez de nombreux jeunes une vocation de musicien. Parmi eux, on compte Jimmy Page, John Lennon et George Harrison. Entre autres. D'ailleurs, un autre Beatle en fera une reprise en 2012, Ringo Starr. Entre temps, la Mano negra se piqua de la chanter. Hélas!
Il ne faut pas oublier la version de Johnny Cash qui la popularisa auprès des amateurs de Rockabilly et c'est ce qui explique pourquoi un groupe de Teddy boy Rock'n'Roll "Rock island line" dans les années 70.
Pour ceux que ça intéresse, la chanson parlait sous sa première forme d'un train très rapide (Dont le nom a donné son titre au morceau) puis se vit augmenter, notamment d'un monologue et de sifflet. Le thème, étoffé, parle cette fois du tour que joue un aiguilleur ferroviaire à un collègue concernant le chargement de deux trains. Ah les trains, s'il n'avaient pas existé, le Rock n'aurait sans doute pas existé. Selon David McNeil.