Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Bettie Page.
Il y a maintenant presque vingt ans mourait une des figures les plus marquantes de l'imaginaire érotique américain et même mondial: Bettie Page.
Elle était née dans le Tennessee, comme Davy Crockett, mais ne laissa pas le souvenir d'un bonnet à poils mais de photos à...bon, restons corrects, d'une frange et de courbes qui ornèrent les fantasmes de camionneurs et d'adolescents. Elle venait d'une famille dysfonctionnelle selon l'expression consacrée, connut avant la gloire des abus en tout genres et des orphelinats à faire passer ceux de Dickens pour le Georges V. Elle tenta une carrière à Hollywood mais son accent du Sud lui en ferma la porte (Et non, ce ne fut pas une gifle à Howard Hugues qui fut à la source de cet échec!) Elle migra à New York ou elle gagna sa vie comme mannequin. Ce n'était que le début de l'histoire. Le tournant eut lieu sur une plage que la belle croyait déserte. Aussi s'y baigna-t-elle dans le plus simple appareil. Prise sur le fait par un policier noir qui me pardonnera d'avoir oublié son nom, elle jura ses grands dieux qu'elle ne savait rien de l'interdiction de faire trempette en tenue d'Eve. Par chance le pandore était aussi photographe à ses heures dans un "Caméra club" (Un de ces cercles ou des hommes souvent mariés qui se réunissaient alors pour faire des photos coquines) et connaissait fort bien le pape de la photo pin up du coin: Irving Klaw. Présentée à ce dernier, Bettie trouva à s'employer pour le plus grand plaisir de tous . Au point de devenir l'une des cover girls" les plus populaires d'Amérique.
Elle fut visée par une enquête du Sénat américain, résultat de la croisade de Joseph MacCarthy et dans ce cas précis Kefauver, qui voyait du communisme partout, jusque dans les petites culottes. Pour cela et d'autres raisons, Bettie Page prit sa retraite,, s'installa en Floride, evint missionnaire du Christ, se maria , eut des enfants.
Fin de l'histoire?
Non. Des années passèrent, et la génétique tordue rattrapa Bettie, la plongeant dans la schizophrénie. Elle en sorti finalement. Tandis qu'une gloire nouvelle naquit dans son dos et dont elle ne profita pas. Heureusement, une fois sa lucidité retrouvée, elle reprit en main son destin, touchant enfin les dividendes. Il faut dire que depuis le début des années 80, quantité d'ouvrages, cartes postales, gadgets de toutes sortes à son effigie circulaient sans que l'intéressée touche fut-ce une partie e l'argent généré par ce commerce.
Elle inspira le personnage de Poison Ivy dans la bande dessinée Batman, eut un clone dans la série de Berthet "Pin up", un film lui fut consacré "The notorious Bettie Page" et elle posa avec Anna Nicole Smith et Pamela Anderson, ses filles putatives. Cela se discute mais c'est un autre débat.
En tout cas, elle fut peut-être plus que quiconque étrangère à sa propre gloire...