Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: Les femmes fortes, les héroines du milieu de siècle.
De nos jours, on est à l'heure de la grande lessive. Des héros ou des caractères masculins se retrouvent par le coup de baguette magique Woke féminisés. Du transgenrisme appliqué à la culture populaire.
Comme si les héroines n'avaient jamais existé.
Fichaises.
Sans parcourir toute l'histoire des représentations de la force d'âme des femmes, il convient de dire que les femmes fortes n'ont pas manqué. Escrimeuses, guerrières, voyouses, sauvageonnes, cowgirls et j'en passe et des meilleures. Autant d'emplois à priori réservés aux hommes mais que certaines femmes tout au moins ont pu assumer dans certains cas. Depuis les amazones, plus ou moins mythiques, à des figures bien réelles, la femme forte a largement inspiré la fiction. Il en fut ainsi de Madeleine Maupin qui fut à la source du célèbe roman de Théophile Gautier "Mademoiselle de Maupin", escrimeuse égale de D'Artagnan. Elle peut en un sens être considérée comme l'ancêtre des personnages qui vont apparaître dans ce dossier.
Et le moins que l'on puisse dire c'est que outre le nombre, on y trouve à boire et à manger.Dans les années 40/50, il y eut quantité de femmes armées issues du crime comme la "Blonde ice", premier film à montrer sur son affiche une femme tenant un pistolet. Ou Peggy Cummins, la redoutable tueuse au béret du "Démon des armes/Gun crazy". Ou encore la "Môme double shot", protagoniste des romans de gare de George Maxwell, du faux américain écrit en argot de Ménilmontant narrant les exploits d'une truande redoutable et fragile. A noter que ces livres connurent les foudres de la censure de René Coty. Avant de revenir sous le titre de "Miss one-shot"
Par ailleurs et pour rester dans l'Après-guerre, on sur les écrans, le grand et le petit débutant, des femmes pirates ("La flibustière des Antilles") des cowgirls (Barbara Stanwyck dans "Quarante tueurs") et une reine de la jungle, Sheena immortalisée par Irish MacCalla avant d'être détruite dans les années 80 par Tanya Roberts.
Les années 60 ne furent pas avares non plus dans le genre. Les motardes sadiques et les dominatrices à gros sourcils hantèrent les couvertures de romans de gare sous le crayon de Eric Stanton ou de Gene Bilbrew. Parallèlement, succès de James Bond aidant, les espions avaient le vent en poupe, suivis d'espionnes entre Modesty Blaise des livres de Peter O'Donnel qui ne tarda pas à connaître une aventure au cinéma avec dans le rôle-titre Monica Vitti. A la télévision "Les agents très spéciaux" eurent droit à leur alter-ego féminin "The girl from U.N.C.L.E" On oubliera pas non plus les redoutables agents en bikini de "Plus féroces que les mâles"
Le monde du fantastique n'ignora pas la question. D'ailleurs ce sujet mériterait un article à lui seul. Quoiqu'il en soit le célèbre illustrateur Frank Frazetta avec le concours du collectionneur et éditeur de Forrest J.Ackerman créa la super-héroine vampire "Vampirella". Grand dessinateur de guerriers et guerrières, Frazetta parodia King Kong en inversant les genres avec une blonde géante serrant dans sa mine un singe de taille normale le temps d'une couverture de "Creepy". Aurait-il donné des idées à la lamentable Virginie Despentes pour sa "King Kong theory" (Bonjour le français!)
Les motards eurent quant à eux leur équivalent féminin mais pas moins féroces suite à la vgue de la Bikesploitation. "The hellcats" ou la vengeresse furie motorisée de "Bury me an angel"
Les années 70 furent quant à elles riches en vengeurs du sexe dit faible. La vindicative "Femme scorpion" de la série de films nippons, l'éborgnée sur la piste de ses bourreaux du suédois "Thriller" qui servit de modèle à la Elle Driver du "Kill Bill" de Tarantino, et mètre étalon du sous-genre du "Rape and revenge"
Il y eut durant cette décennie d'autres femmes d'action motivées non par la vengeance mais par la justice, telle la "Sergent Anderson" jouée à la T.V par Angie Dickinson, les supers espionnes de "The doll squad" qui préfigurèrent la série "Drôles de dames" et enfin "Policewomen" au titre trompeur puisqu'il ne compte qu'une seule policière mais cette "faute" s'expliquait par la volonté des auteurs d'éviter un procès contre les créateurs de la série "Sergent Anderson" dont le titre original était...Policewoman!
Avant d'aller plus loin, penchons nous sur un cas particulier: la Miss America du très controversé "Coonskin" de Ralph Bakshi. Ce film d'animation narre les vicissitudes d'un trio de personnages plus ou moins criminels dans un ghetto noir (Harlem?) Ils y croisent divers individus pittoresques, ridicules, parfois dangereux. Mais outre cet aspect humoristique, il y a un propos très provocateur qui pose violemment sur la table un démon américain: le racisme. A ce titre, le personnage de Miss America, statue de chair ultra-sexuée et violente est exemplaire. Cette dame se complaît en effet à chacune de ses apparitions à séduire, torturer puis tuer des hommes noirs souvent petits et laids.
Cas particulier? Cas unique. Remarquable, même. Et culotté.
Le cinéma d'exploitation puisa par ailleurs dans le passé, quitte à beaucoup broder. "The arena" versa dans le fantasme de la femme gladiatrice, la bande dessinée dans le sillage de Conan récupéra un autre personnage de Robert E Howard, Sonya la rouge ou Red Sonja. Calqué à l'origine sur une authentique figure e la résistance viennoise face à l'invasion ottomane, les auteurs de la Marvel comics en firent un clone féminin du cimmérien; Red Sonja connut pendant les années 80 une piteuse aventure sur pellicule avec la future ex-madame Stallone Brigitt Nielsen. "Kalidor, la légende du talisman", ainsi titré en France fut si désastreux que le personnage de Schwarzenneger dut être mis en avant pour sauver les meubles. En vain.
Un passé plus récent et plus terrible encore fut largement utilisé: la période du Nazisme. Ainsi fleurirent de féminines tortionnaires en Hugo Boss, officiant dans les camps, sadisant, forniquant, offrant leurs lots de frissons faciles aux voyeurs. "Ilsa la louve des SS" fut l'incarnation de ce type de cinéma, vite imité un peu partout, notamment en France avec l'inénarrable opus d'Eurociné "Elsa Fraulein SS" Parallèlement, la bande dessinée s'y intéressa. Non contents d'occuper le créneau de la Nazisploitation au cinéma, les italiens créèrent en bande dessinée "Hessa" super espionne de Hitler au gré d'aventures délirantes.
Venons en aux années 80. Le début des octantes virent une déferlante de films fantastiques, de science fiction et de fantasy, due aux succès de "La guerre des étoiles", "Conan le barbare" et autres. Certains mélangeaient l'ensemble pour parvenir à des mixtures plus ou moins réussies. Mais souvent agrémentées de guerrières dangereuses et sexy. Sybil Danning, walkyrie autrichienne du cinéma bis en costume mi-Disco mi wagnérien dans "Les sept mercenaires de l'espace" ("Les sept samourais" façon space opera réalisé par un nippo-américain, chouette!) Raven de la Croix, ex-muse de Russ meyer qui fait du Karaté dans "The lost empire" ou science fiction, fantasy, polar, gros nichons et femmes en prison se mélangent dans un joyeux gloubi-boulga. Dans le genre "Aventures barbares"il y eut le très féministe espagnol et hystérique "Hundra" avec une Laurene Landon en guerrière misandre à faire pâlir d'envie Alice Coffin elle-même.
On n'oubliera pas non plus Taarna, amazone de l'espace de "Métal hurlant" et Sandahl Bergman, la Valéria de "Conan le barbare"
Pour conclure, outre le Sheena des 80s déjà évoqué, un cocorico avec "L'exécutrice" avec Brigitte Lahaie en flic sexy afin de renvoyer à a "Môme double-shot" évoquée au début de l'article. Pourquoi? Parce que les romans de Maxwell fascinaient Jean Rollin, réalisateur ami de Brigitte ahaie. Il rêvait de la faire jouer dans une adaptation de ces bouquins de gare. Un rêve qui malheureusement le demeura.