Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Le mystérieux docteur Cornelius" de Gustave Le Rouge (1912)
Les manigances de Cornelius Kramm, scientifique de génie et accessoirement criminel notoire à la tête de la Main rouge, société dédiée au mal.
Pour certains, sinon pour beaucoup, Cornelius Kramm, création du prolifique feuilletoniste Gustave Le Rouge, appartient à la lignée des savants fous initiée par le docteur Frankenstein de Mary Shelley. Cette affirmation largement admise, mérite sans doute une analyse un peu plus poussée. En effet, il s'agirait d'abord de savoir ce qu'est un savant fou ou, plus simplement, un fou tout court. Pour faire simple: un être qui a perdu la raison. Mais le docteur avait-il perdu la raison en créant la vie sans recours à la procréation? En regard des règles de la fiction, non. D'ailleurs, il se rend compte des conséquences désastreuses de son oeuvre et rassemble toute son énergie pour y mettre fin. Concernant le sujet de cet article, Cornelius Kramm n'est pas davantage dérangé. Il s'agit simplement d'un cerveau criminel sans morale mais doté d'un Q.I à trois chiffres. Ce sculpteur de chair humaine comme il aime à se définir, (Son dada consistant à remodeler les visages ce qui donne un supplément de fil à retordre à ses adversaires) annonce en ce sens les horreurs commises dans les camps nazis par des médecins qui prétendaient agir au nom de la science - ou de la pseudo-science. Pour autant et ce en dépit de leur extrême cruauté, ces hommes ne souffraient d'aucune pathologie mentale.
Alors, le savant fou, un mythe? On le dirait bien.