Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.

Publicité

Littérature

Aujourd'hui: "Jim la chance" de Kingsley Amis (Lucky Jim, 1954)

Un jeune professeur frais émoulu qui vient d'arriver dans une université se débat avec ses collègues et une hiérarchie qui ne lui conviennent pas.  Des problèmes sentimentaux s'ajoute à ce marasme.

Encore un premier roman par qui le scandale est arrivé! Il s'agit évidemment d'une référence à l'article sur "Les pornographes" mais si Amis suscita au moins autant de remous (Il fut qualifié de voyou littéraire) ce fut pour des raisons fort différentes. Il n'est en effet point question ici de photos coquines mais de la dérive de la jeunesse des classes moyennes d'Après-guerre. Pour comprendre, il convient de situer l'ouvrage dans son contexte. Durant les années suivant la fin du conflit, le gouvernement travailliste mit l'accent sur l'éducation. Il en résulta la construction massive d'universités de briques destinées à former l'élite de la nation. Et beaucoup de jeunes gens malheureux qui optaient pour l'enseignement par défaut et se retrouvaient propulsés dans un univers qui n'était pas le leur et dont les représentants les méprisaient souvent. Ce n'est rien d'autre que cela que raconte Amis à travers les tribulations tragi-comiques de Jim Dixon. Confronté à des snobs - incarnés par son supérieur M. Welch, son fils Bertrand, artiste beatnik barbu et même la dulcinée de Jim, Margaret dont la grande passion consiste à faire du chantage affectif au suicide. Bien sûr, comme fréquent en littérature, c'est un miroir déformant qui concerne tous les personnage qui traversent le récit, à commencer par le héros, inculte, binoclard et amateur de Jazz (Le goût pour le Jazz était un marqueur fort de la classe moyenne anglais à l'époque) qui n'est pas le reflet de l'auteur, lequel était cultivé en dépit de ses moqueries répétées envers les codes de l'élite.

Mais "Lucky Jim"  n'est pas qu'une comédie sociale et une étude de moeurs. C'est aussi une fable - certains l'ont comparé à un conte fées modernes- ou un personnage doit surmonter ses faiblesses, en l'occurrence sa timidité et ses complexes de classe pour parvenir à améliorer son sort.  Ainsi il passe de l'état de passif-agressif (Il ne se défend pas, compensant par des grimaces dans le dos de ses "ennemis") à celui d'homme qui assume son destin et sa personne. Mais de quelle façon. En apparaissant ivre mort lors d'une lecture qu'il doit accomplir devant Welch et le gratin. Sans trop dévoiler la fin, il n'aura pas à le regretter.

Un roman drôle, une étude de caractères, un document sur une période, plein de fantaisie. A lire? Oui!

Publicité
Littérature
Littérature
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article