Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Petits suicides entre amis" de Arto Paasilinna (Humaarva joukkoitsemurha, 1990)
Un entrepreneur et un militaire désespérés décident d'en finir avec la vie. Mais avant ils décident de profiter de l'existence le plus possible jusqu'à une certaine date. Afin d'appliquer le principe plus on est de suicidaires, plus on rit, ils recrutent par petite annonce d'autres pareils en désespoir avec lesquels ils entreprennent un voyage à bord d'un bus affrété pour l'occasion. C'est le début d'un périple plein de surprises...
Voila l'occasion de parler d'une littérature jusqu'ici jamais évoquée dans ces colonnes, la littérature finnoise et par là même d'un de ses représentants les plus connus, Arto Paasilinna. Il convient d'abord de dire un mot de ce dernier, lequel ne manque pas d'intérêt. Paasilinna était un enfant de la guerre dite de continuation, cette guerre menée en marge de la deuxième guerre qui coinça la Finlande entre les rouges et les nazis qui força à la fuite nombre d'habitants de ce pays. Dont la famille de l'auteur. Ce qui lui valut de commencer sa vie à l'arrière d'un camion. Il termina son existence en multipliant les accidents de voiture, série de catastrophes qui fut comme un prélude à un AVC dont les conséquences le suivirent jusqu'à la fin de ses jours. Mais entre ce début rocambolesque et cette conclusion tragique, Paasilinna eut une vie. Et bien remplie. Il exerça divers métiers, bûcheron et journaliste entre autres et bien sûr il écrivit. Il pratiqua le roman humoristique ou le grincement de dents se mêlait souvent à la poésie. "Petits meurtres entre amis" est un digne exemple de l'art de Paasilina, relevant le défi de faire rire avec un sujet à priori macabre. Paasilinna n'inaugura pas en la matière, il y eut des précédents parmi lesquels "Quand te tues-tu?" de André Dahl. Cela n'enlève évidemment rien au mérite de l'oeuvre drôle et pleine de fantaisie peuplée de personnages pittoresques que le romancier croque sans jamais les mépriser. Il moque cela va sans dire leurs travers mais c'est au nom de l'optimisme. Et de la fable. Une fable dont la morale - ou la conclusion- pourrait se résumer ainsi: ceux qui croient vouloir mourir veulent en fait vivre mieux. Autrement dit, il ne faut jamais désespérer. Belle morale. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. En tous cas, l'idée est belle.
A lire!