Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Balaoo" de Gaston Leroux (1912)
Le pays de Cerdogne est en émoi: des cris retentissent depuis une maison de la rue neuve. Des accidents ont lieu sur la voie ferrée. Cette agitation provient d'une bande de malandrins locaux ainsi que de l'homme de Bornéo, Balaoo .C'est le début d'une aventure ou se mêlent drame, cocasserie, action et romance.
Et revoilà Gaston Leroux! L'auteur se montre ici fidèle à lui même avec son goût pour les malfrats pittoresques, des amours impossibles et des criminels qui cachent une belle âme sous une apparence hideuse. Après le forçat de Chéri-Bibi, l'automate qui se découvre un coeur de "La poupée sanglante" et le compositeur défiguré du "Fantôme de l'opéra", voici l'homme singe de Bornéo ou plutôt le singe qui parle et se dissimule sous l'identité d'un domestique présenté comme chinois. A la marginalité affectionnée par Leroux s'ajoute l'exotisme et un fantastique qui le rapproche de certains de ses romans susmentionnés. Il semble qu'il ait pour l'occasion été précurseur de la mode des primates doués de raison. Félicien Champsaur prendra par deux fois le relais dans les années 1920 avec "Ouah roi des singes" et "Nora, la guenon devenue femme". On peut à ce propos rattacher le livre de Leroux à la grande histoire d'amour entre le fantastique et les primates. Notre cousin et ancêtre a en effet inspiré nombre d'oeuvres tant sur le papier qu'à l'écran. De "La planète des singes" de Pierre Boulle à "La chaîne de feu" de Kurt Steiner/André Ruellan, de la bande dessinée "Bornéo Joe" (Tiens encore Bornéo!) de Georges Pichard au film mythique "King Kong", les singes ont toujours leur place quelque part. "Balaoo" apporte une pierre délicieuse à et édifice de ce sous-genre qui pourrait être qualifié de "Singe fiction" Il s'y ajoute une touche non négligeable de poésie avec le chant d'amour de Balaoo à sa bien aimée Madeleine.