Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Les confessions de l'Ange noir" de Frédéric Dard, série composée de quatre tomes "Le boulevard des allongés" (1952) "Le ventre en l'air" (1952) "Le bouillon d'onze heures" (1952) et "Un Cinzano pour l'Ange noir" (1953?)
Rédigée trois ans avant la saga "Kaput", la série de l'Ange noir semble le brouillon de cette dernière. Même type de héros - ou plutôt de figure-criminel qu'on ne connait que par son nom de guerre, violent, sans scrupules ou presque, survivant à des aventures rocambolesques auxquelles le plus endurci ne survivrait pas. Toutefois, les deux oeuvres diffèrent sur plusieurs points. D'abord, là ou "Kaput" exclura tout humour au récit et toute rédemption à son personnage, "L'Ange noir" rigole et se permet une bonne action. Ensuite "Kaput" assumera sa francité, l'Ange noir démarre aux zouèssè,, sacrifiant à la mode yankee de l'époque très bien incarnée par "La môme Double-shot" de George Maxwell, et adoptée bien avant par Léo Malet avec le privé Johnny Metal et d'autres du même tonneau qu'il signait sous divers pseudonymes anglo-saxons tel Leo Latimer.
Mais il y a plus gênant, le côté clinquant parfois agaçant du ton et des facilités - La mère de L'Ange noir serait morte ne le mettant au monde- qui passent mal et auxquelles l'auteur renoncera lors des "Kaput" et qui finissent par le lasser lui-même ainsi que le montre le dernier volume moins fringant que ses prédécesseurs.
La série demeure cependant bien menée et peut s'adresser aussi bien aux néophytes qu'aux passionnés de San Antonio qui ne l'auraient pas dans leur bibliothèque (Cela se peut-il?) Pour l'anedote, les livres furent bizarrement édités par la maison "La pensée moderne" dont ce n'était pas le genre et qui ne récidiva pas...