Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: Edition spéciale bande dessinées. "Quatre aventures de Spirou et Fantasio"(1948/1950) "Il y a un sorcier à Champignac"(1951) "Les chapeaux noirs" (1952), "Spirou et les héritiers" (1952) de André Franquin (dessin et scénario) aidé de Jean Darc (scénario) et Jijé (dessin)
Noel approchant, il n'est pas mauvais de se replonger dans les souvenirs d'enfance- pas seulement les miens. Mais aussi ceux d'au moins certains d'entre vous. Spirou et Fantasio, le petit groom devenu journaliste et son grand échalas de copain aux cheveux en l'air, Fantasio.
J'ai choisi de chroniquer les quatre premiers albums oeuvres de Franquin, lequel reprenait les personnages crées par Robert Velter (qui habitait ma bonne ville de Saint Malo, mais c'est une autre histoire) les modernisant tout en demeurant fidèle au mélange de genres (aventures, policier, science-fiction) et l'humour initiés par le créateur original.
Franquin développera même l'univers de Spirou, y ajoutant des personnages, tels le comte de Champignac ("Il y a un sorcier à Champignac") ou Zantafio, le cousin maléfique de Fantasio,, le maire de Champignac (redoutable orateur!) et bien sûr le Marsupilami ("Spirou et les héritiers"), autant de figures qui feront rapidement partie intégrante de la série, y compris après le remplacement de Franquin par Fournier. Il se permet d'emmener les héros dans des univers divers et variés. La boxe et l'équitation dans "4 aventures de Spirou et Fantasio", des contrées exotiques comme l'ouest américain dans "Les chapeaux noirs" ou l'Amazonie dans "Spirou et les héritiers" Il y a des détours par le polar et la science fiction - ce qui arrivera souvent par la suite- dans "4 aventures de Spirou.." et l'alternance entre le familier et le lointain ,la campagne de Champignac contre la jungle sud-américaine. Un trait saillant conservé tout au long de la série par Franquin
Il faut également signaler les valeurs très positives transmises par la bande dessinée. Le courage et la ténacité (Quand Spirou s'entraîne avec rigueur à la boxe dans "4 aventures..", notamment) la droiture (La tricherie y est toujours punie, celle de Zantafio dans "Spirou et les héritiers" ou celle du voyou Poildur dans "4 avantures..") l'amitié incarnée par les deux personnages principaux ainsi que...le pardon et la rédemption. Pardon accordé à Poildur qui se révèle pas si méchant que ça, ou à Zantafio qui admet et regrette ses fautes (Il ne se tiendra pas à ses bonnes résolutions dans les épisodes suivants, mais passons!)
A ce propos, pour ceux que l'histoire de Spirou, il est surprenant de constater à la lumière des albums suivants les changements affectant les personnages. En particulier Fantasio, excentrique et un brin candide dans les opus ici chroniqués très différent du très sérieux rédacteur de journal en proie aux errements de Gaston Lagaffe.
En bref, un régal d'intelligence, d'imagination et de drôlerie qui a ravi des millions d'enfants et continue à le faire, et demeure pour ceux qui ont grandi avec un merveilleux souvenir. Dans lequel il n'est pas interdit de se replonger!