Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Le bon Dieu s'en fout" de André Héléna (1949)
Félix, un truand en cavale revient dans sa ville natale pour s'y réfugier. Sans but apparent, en quête de lui-même, il attend on ne sait quoi, tandis que la police resserre ses filets autour de lui...
Second roman publié de André Héléna, "Le bon Dieu s'en fout" annonce ce qui fera l'oeuvre de l'auteur: anti-héros égaré, ambiance pluvieuse, violence, sentiments écorchés et fatalité. Sous d'autres plumes, ce cocktail aurait tourné au mauvais mélo, mais sous celle de Héléna, cela devient une tragédie qu'on hésiterait à peine de qualifier de grecque. L'unité de lieu et de temps y est d'ailleurs respectée, le roman se déroulant presque entièrement dans un hôtel (Un lieu récurent chez Héléna, un de ses livres s'intitulera "Les clients du central hôtel") et sur une durée assez brève. Par ailleurs, il y a une ironie en rien insultante pour la religion contenue dans le titre et qui prend tout son sens par le personnage de la fille à tout faire de l'établissement, abîmée par la vie et cependant pieuse au point d'émouvoir Félix, pourtant athée. Elle représente un moment d'espoir pour ce désespéré, une pause dans la nuit de bandit sans envergure avant que le destin ne fasse son sinistre travail. Le destin, autre nom de la fatalité, celui des "Compagnons du destin" , la saga criminelle centrale dans l' oeuvre de Héléna. Le destin dont Félix est l'un des premiers compagnons malheureux.
Pour finir, on dira que rarement un écrivain athée aura rendu un tel hommage à la Foi.