Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Les derniers jours de Pékin" de Pierre Loti (1902)
Officier de Marine, Julien Viaud alias Pierre Loti note ses impressions lors de son voyage en Chine suite à la révolte des Boxers contre les européens réfugiés dans leurs légations, autrement dit les 55 jours de Pékin.
Pierre Loti effectua une double carrière, l'une militaire, l'autre littéraire. S'il fut un marin plus qu'honorable (Encore enseigne, il participa à une mission d'espionnage au large des côtes allemandes, ce qui prouve son courage) il ne se distingua pas faute d'occasion à la différence de son ami Claude Farrère qui mena lui aussi une vie d'écrivain et de soldat. Quoiqu'il en soit, à côté de ses romans qu'on ne présente plus ("Mon frère Yves", "Pêcheurs d'Islande) Loti écrivit de nombreux récits de voyages, ce qui lui permettait en un sens de faire la synthèse des deux pôles de sa vie.
Arrivant une fois de plus après la bataille, il joue ici un rôle d'huissier établissant le constat des destructions suite à une guerre qui ne disait pas son nom. Loti s'émeut sans donner le beau rôle à quiconque, conscient que les fautes se partagent entre autochtones et puissances occupantes. Heureusement, lorsqu'avec la troupe, il s'enfonce davantage dans le pays, il trouve des raisons de s'émerveiller devant les paysages et les créations de la Chine. C'est pour lui l'occasion de brosser des tableaux vivants d'un monde ou se mêlent la mélancolie (Fréquente chez loti) mais aussi la cocasserie, notamment quand devant le peu d'estime des chinois pour le métier des armes, Loti se voit obligé de se faire passer pour un mandarin.
un très beau livre qui donne autant à réfléchir qu'à rêver, à lire!