Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Les derniers mystères de Paris" de Frédéric Dard (1958)
Un clochard surnommé "Le notaire" fait l'objet d'une tentative de meurtre de la part d'un jeune homme. Ce meurtre raté fait remonter à la surface la passé du clochard,qui se nomme en réalité Lucien un ancien avocat porté disparu que sa femme, une certaine Agnès veut faire tuer afin de toucher une prime d'assurance pour elle et la fille qu'elle a eu avec Lucien. L'affaire transpirant, une cohorte de personnages douteux mus par la convoitise s'agrègent au récit, Le drame se noue alors...
Publié en 1958, "Les derniers mystères de Paris" ne connut de réel succès qu'une quinzaine d'années plus tard sous le titre "Mausolée pour une garce". Il est pourtant un tournant dans l'oeuvre de Frédéric Dard qui s'attaquait à un format autrement plus long que celui auquel il avait habitué ses lecteurs. Les sagas dramatiques ou l'argument policier demeure en retrait sont donc contenues ici, dans cette histoire de famille que la garce du titre donné au livre lors de sa réédition précipite dans le crime.
Si l'étude de caractères est excellente, c'est l'interaction entre les personnages qui retient l'attention, surtout grâce aux contrastes entre ces figures archétypales mais pleines de vérité. Agnès, incarnation du mal, déterminée mais qui fond devant un truand qui la fait chanter. Hervé, son jeune amant, prototype du raté, artiste sans avenir et assassin pour le moins maladroit. Lucien, enfin, le mari, homme de loi déchu dont le destin semble de tomber pour toujours, est quant à lui l'incarnation de la fatalité.
Pour autant, ces "Derniers mystères de Paris" ne sont pas si sombres, la fin laisse passer un peu de lumière, laquelle vient de la jeunesse qui survit et se trouve donc porteuse d'espoir.
Frédéric Dard, avec Léo Malet et quelques uns de ses collègues, se montre ici un digne héritier e Eugène Sue auquel il se réfère évidemment.