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Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.

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Réflexions

Aujourd'hui: Jack Lang, ministre des faux nez.

Certains me diront que le sujet est dans l'air du temps et que ce choix est opportuniste.. A raison. Cependant, les récents ennuis du grand frisé courtisan numéro 1 de Tonton ne pouvant être ignorés, il n'est pas inutile de dresser un bilan de l'action de cet homme. Il ne s'agira pas cependant ici de commenter l'actualité, encore moins de porter un jugement sur les éventuels manquements de Lang. Cela ne regarde que la justice, laquelle elle a seule à pouvoir établir les faits qui, encore une fois, demeurent à prouver.

Cette mise au point faite, il est d'introduire cet article et ce par une simple question: que laisse Jack Lang?

Dans l'esprit des plus optimistes, il a introduit la modernité. Citons par ordre chronologique ses faits d'armes: l'assouplissement de la censure, la fête de la musique, le livre à prix unique, les colonnes de Buren et la promotion du Rap. N'en jetez plus. Autant de signes de rupture avec ce que d'aucuns nomment "Le vieux monde". Mais quoi u'on en pense, il s'agit d'une collection de mesures dont certaines ont encore des conséquences aujourd'hui. Pour le meilleur et pour le pire.

D'abord, il convient de remettre en contexte le personnage. Lié à Mitterrand dès le premier septennat de celui-ci, il fut un des symboles les plus forts de l'entrée dans une nouvelle ère. L'une des premières décisions prises dans ce cadre - du moins une des plus remarquées- consista à autoriser la sortie de films interdits par la censure giscardienne. Ainsi "Massacre à la tronçonneuse", "L'enfer des zombies", et quelques autres purent-ils être montrés sur les écrans français. La chose était bonne en cela qu'elle mettait fin à l'hypocrisie concernant les films susmentionnés, lesquels étaient en effet disponibles en vidéo (Merci au passage à René Château) Cette libération ou libéralisation ne s'arrêta pas là. "Les guerriers de la nuit", "Mad Max" parurent dans leurs versions intégrales, l'interdiction aux mineurs de "Fritz the cat" fut levée.

Donc tout allait pour le mieux, la liberté guidait nos pas. Sauf que, sauf que, comme toujours la liberté a ses limites. Pourtant, au milieu des années 80, un film "Le survivant" connut les foudres de la censure du gouvernement socialiste. Il ne fut même pas oublié, il fut condamné à l'invisibilité. Pourquoi? Le film traitait du trafic de drogue dans les cités et les quartiers pauvres de Paris. En raison de l'éventuelle mauvaise influence du film sur la jeunesse "Le survivant" écopa d'une interdiction aux moins de dix-huit ans. Pour le réalisateur, ce fut une condamnation à mort. En limitant l'accès à son film, l'interdiction empêchait celui-ci de rentrer dans ses frais. Ceux qui eurent vent de cette affaire - des journalistes du mensuel de cinéma "Starfix" notamment- demandèrent au ministre en personne que cela n'allait pas avec l'esprit qu'il prétendait défendre. L'intéressé répondit qu'il devait appliquer la loi et non la changer. De surcroît, un des membres de la commission de contrôle des films (La censure, autrement dit) ajouta que le verdict - est-ce le mot?- aurait été moins sévère s'il s'était déroulé à l'étranger. Au même moment sortait "Neige sur Beverly Hills"qui narrait les déboires d'une bande de jeunes bourgeois américains le nez toujours fourrés dans la cocaine. Cela s'appelle du "Deux poids deux mesures" 

Avant d'aller plus loin, il me semble bon de préciser que je n'ai pas vu "Le survivant" et pour cause, ce dernier a disparu. Et ce que j'en sais, je l'ai appris par un article de Starfix publié dans le cadre d'un dossier sur la censure. Mais la question n'est pas ici la qualité de ce film mais le sort qu'il a subi.

D'accord, certains rétorqueront que M.Lang a fait aussi des choses pour la culture française. En effet, en aidant le Rap. Cette forme d'expression n'aurait sans doute pas la place qu'il a aujourd'hui sans le concours de M.Lang. Mais de quoi cela est-il parti? Des quotas de chansons françaises imposé par le ministre. L'ennui est que la production nationale dans ce domaine ne remplissait pas lesdits quotas. Aussi se tourna-t-il vers celle des banlieues. Pour la culture française. Pour en arriver au rappeur Monsieur R qui déclarait il y a quelques années "La France, j'ai pas à l'aimer, j'ai envie de la lui mettre bien profond." Dont acte. Puisqu'il est question de musique, c'est là l'occasion de parler de la fête qui lui est consacrée depuis quarante ans. Un permis de tapage nocturne décerné aux cinglés de la batterie de cuisine. TV6, la fameuse chaîne musicale qui était en fait un robinet à clips. L'aide au Rock? Un guide parfaitement inutile au titre grotesque "Maxi Rock mini bruit"

Et les livres dans tout ça? L'éphémère fête du livre (éphémère, oui, on fait plus difficilement du bruit avec un livre qu'avec une batterie de cuisine) Certes, il y eut le livre à prix unique. Mais il est vrai qu'on ne sauait avoir tout faux.

Quoique. Oui et non. Lang a eu tout faux si on se place depuis la perspective de la raison. Mais il a eu raison en cela qu'il a favorisé la décadence de la culture. Sciemment. Et en cela, il a parfaitement réussi.

Formidaaaaable!....

 

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