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Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.

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Réflexions

Aujourd'hui: Le rideau de fer, derniers jours, ou quand les communistes (accessoirement russes) cessèrent d'être méchants avant de mourir.

Ah les années 80! Les années du gel dans les cheveux, du fluo, du Mulet, de Dépêche mode, et des colonnes de Buren. Cependant, des choses plus sérieuses avaient court. La partie d'échecs Est/Ouest continuait, prenant un tour inattendu. Aux Zouèssè, le cowboy Reagan remplaçait le marchand de cacahuètes Carter, et en URSS, les dirigeants podagres tombaient comme des mouches. Ces derniers trouvèrent tout de même le temps de mener une guerre en Afghanistan. Et de commencer à la perdre. L'anticommunisme battait son plein suite à cette invasion et faisaient des guerriers de Kessel les nouveaux héros de la résistance à la roue rouge. Comme l'écrivait Soljenytsine. Certains pourtant se doutaient de l'essoufflement de l'ours soviétique.

Ces deux visions d'un monde que tous ne percevaient pas comme changeant furent reflétés par le cinéma. Certains persistaient à dépeindre les russes et autres ressortissants des pays de l'Est comme des ennemis ou à tout le moins des personnages ambigus. D'autres décrivaient l'humanité derrière les tensions géopolitiques.

Les salves d'anticommunisme furent cependant tonitruantes, tirées dans "Rambo II, la mission" par Sylvester Stallone contre les communistes du Vietnam et les russes (Le pouvoir du deux en un) afin de récupérer les boys oubliés au milieu des rizières. Il fut rejoint dans ce combat par Chuck Norris qui en fait le précéda dans "Portés disparus". Le champion de Karaté alla du reste encore plus loin en imaginant une invasion des Zouèssè par des russkis malveillants (Sans blague!) dans le bien titré "Invasion USA". Cela dit et ce sans vouloir médire, l'idée n'était déjà pas neuve puisque Norman Jewison l'avait utilisée dans "Les russes arrivent, les russes arrivent" mais à des fins de dérision. Mais aussi de manière bien plus sérieuse par John Milius dans "L'aube rouge" ou de jeunes américains menaient la résistance contre l'envahisseur à chapka. La France quant à elle apporta sa contribution modeste et humoristique avec le très décevant "Twist again à Moscou" , lequel moquait les us et coutumes des citoyens soviétiques qui combinaient afin de ne pas vivre trop mal. On peut ajouter à cela "Tranches de vie" avec son segment "Les âmes mortes" ou Gérard Jugnot, journaliste à L'humanité se retrouvait prisonnier en Union soviétique suite à une machination fomentée par son cousin.

Mais à côté, il y eut des points de vue plus nuancés. L'un des premiers émana... de chez nous avec le très moyen mais néanmoins intéressant "La fiancée qui venait du froid" Thierry Lhermitte y accueillait une opposante polonaise (Jouée par une actrice néerlandaise, c'est vraiment l'auberge espagnole!) Dans le même registre, chez les américains cette fois, il y eut "Moscou à New York" ou Robin Williams en saxophoniste du cirque de Moscou trouvait refuge chez l'Oncle Sam, ou encore "Soleil de nuit" ou un danseur joué par Mikhail Baryshnikov passait à l'Ouest (Imitant en cela celui des "Uns et des autres " de Claude Lelouch) Dans tous ces cas,  il y a l'idée d'une oppression à fuir. Dans ce domaine, on pet noter un exception "Gorky park" qui suit l'enquête d'un policier russe sur la piste d'un trafiquant de fourrures américain. C'est particulièrement notable en cela que pour la première fois, un américain tient le mauvais rôle...dans un film américain! Toutefois, il n'est pas inutile de préciser que dans ce cas précis, il s'agit d'un film produit avec des capitaux U.S mais qui est largement l'oeuvre d'un cinéaste britannique. Ceci explique peut-être cela. Par ailleurs, dans un domaine autre, en l'occurrence la chanson, les anglais manifestèrent un réel intérêt pour les russes durant cette période. Ce fut un vrai festival avec "Russians" de Sting, qui affirmait que "Les russes aimaient aussi leurs enfants" ou la romance contrariée du "Nikita" d'Elton John, sans oublier le "Two tribes" de Frankie goes to Hollywood qui proposait une solution originale au conflit en faisant combattre les dirigeants eux-mêmes au lieu des troupes.

Ce qui nous amène à ce qu'il faut bien appeler la véritable détente. Du moins sur les écrans. Et cela viendra de...Sylvester Stallone. Peut-être las d'être réduit à sa caricature (Voir le disque de son sosie Wayne Scott) il affronta dans "Rocky IV" un boxeur russe. Après l'avoir (forcément) vaincu, il donne la morale de l'histoire "Deux types se sont entre-tué ce soir , mais ça vaut mieux que vingt millions" Dont acte. Tout cela un peu à cause de Frankie goes to Hollywood. Son grand rival Schwarzie incarnera carrément un russe dans "Double détente" - répondant ainsi non seulement à son concurrent mais aussi à William Hurt, l'officier russe de "Gorky park".

Chuck Norris quant à lui changera de cible, préférant casser du terroriste arabe dans "Delta force" plutôt que du communiste russe ou vietnamien. Là encore, il aura de l'avance sur Stallone qui continuera à casser du russe en Afghanistan, ignorant certainement que les moudjahidines du peuple étaient un terreau d'islamistes. Mais ça c'est une autre histoire!

 

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