Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: Le style Mishima.
Le vêtement n'est pas qu'une vanité, il est aussi l'expression de soi. Peu d'écrivains auront appliqué à ce point ce principe. Mishima est de ceux-là. Chaque étape de sa vie d'homme autant que d'écrivain est marquée par une transformation vestimentaire mais aussi physique.
Il est passé de jeune homme efféminé en sage costume lors de la parution du roman qui le révéla "Les amours interdites" à celui de rock'n'roller en levis et chemise Aloha, ou encore en cuir noir dans le film "Le gars des vents froids".Puis il revint à une mise plus formelle. Il ne renonça pas toutefois à ses polos à col lacé qu'il arborait aussi bien à sa table de travail que devant des étudiants gauchistes. Il y eut bien sûr également l'uniforme taillé pour lui-même et sa milice, le Tatenokai (En français, le bouclier) qui précéda son suicide accompli selon le rituel du Seppuku du code samourai. Pendant ce temps, il sculptait son corps, pratiquait la Boxe et le Karaté, reflet de sa fascination pour le militarisme et un Japon traditionnel fantasmé.
On le qualifia de dandy samourai. C'est une contradiction dans les termes, le dandy étant un individualisme et le samourai un guerrier subordonné au groupe et au shogun. Sans doute le geste relevait-il d'abord et surtout d'une volonté de faire de sa vie une oeuvre d'art. Un peu à la manière d'un Cocteau qui refusa les soins supposés le guérir par un:"On ne change pas le sang d'un poète." Et on n'arrête pas son oeuvre ...