Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: Le Spiv britannique, ou la canaille oui mais avec du style!
"Dans le cinéma anglais, les gangsters étaient décrits comme des personnages comiques. Si j'ai fait "La loi du milieu" c'était pour prouver le contraire. Les gangsters ne faisaient pas rire, ils faisaient peur. Ils portaient des chevalières pour crever les yeux, des lames de rasoirs dans la visière de leurs casquettes. Ils s'appelaient les Spivs, inversion de Vips (Acronyme pour le gratin).."
Ainsi parlait Michael Caine, légende du cinéma britannique et qui connaissait son sujet pour avoir vécu dans le sud de Londres, quartier populaire ou le crime prospérait. Mais quid du Spiv? Une certaine forme de criminalité britannique qui connut son âge d'or au lendemain de la guerre. Les Spivs étaient des trafiquants qui faisaient leur beurre sur des biens divers et variés allant du produit de première nécessité aux objets de luxe. Ils se distinguaient par leur petites moustaches, leurs cravates peintes et leurs chapeaux. A mi-chemin entre l'homme élégant et le zazou, précédant en cela les Teddy boys.
La réalité était sinistre et ce bien que cette confrérie eut son utilité pendant la disette due aux restrictions de L'après-guerre. Pourtant, la culture populaire les présenta sous un jour souvent comique, l'image du Spiv c'était celle d'un personnage au pittoresque un brin ridicule mais brave gars, astucieux, sorte de Robin des bois urbain revisité par le Cockney milieu de siècle.
Toutefois, si la légende a retenu cette image sympathique via des séries comme Dad's army ou "St Trinians", d'autres films ont donné une image bien plus sombre et réaliste. Des livres aussi tel "Le rocher de Brighton" qui connut des avatars cinématographiques. Et "Waterloo road", "They made me a fugitive" et d'autres.
Je vous en parlerai un autre jour....
George Cole, alias Flash Harry, mi-tey boy, mi-spiv et débrouillard en chef des comédies "St Trinians"