Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: Edition spéciale. Les premiers jours du porno.
C'était le milieu des années 70, le Giscardisme avait un an et la France entrait dans la modernité. L'un des signes les plus évidents et les plus contestés, on le verra dans cet article, fut l'apparition de la pornographie au cinéma, autrement dit l'émergence de films présentant des actes sexuels non simulés. Du moins cette apparition gagnait le grand public. Les parties de crac-crac-biscotte sur pellicule existaient dès les premiers jours du cinéma - ou presque. Depuis "Mousquetaire au restaurant" (Le premier porno primitif en 1908 semble-t-il) jusqu'à "Adolescence pervertie" de Bénazeraff en 1973, en passant par de nombreux travaux confidentiels destinés aux maisons closes ou aux soirées de monsieur Durand, le sexe à l'écran existait. En secret.
Pour en revenir ua mitan des 70s, période qui nous intéresse, il y eut les plans furtifs du bénazeraff susmentionné et même quelques images de ce genre dans "L'ombre d'une chance"de Jean Pierre Mocky mais c'est pourtant un film érotique des plus soft qui va donner le coup d'envoi: "Emmanuelle" le dépliant touristique de Just Jaeckin.
Profitant de la brèche ouverte par le film de Jackin,, de nombreux producteurs lancèrent des produits de qualité qu'on dira variable tel Lucien Hustaix rendu célèbre par "Les caresseuses" - entre autres.
Evidemment, l'événement n'était pas que cinématographique, il était d'abord et surtout sociétal sinon civilisationnel. Le phénomène suscita en effet de nombreuses contestations tant de la part des fractions les plus conservatrices telle l'Eglise ou les plus progressistes telles les féministes.
Le genre eut très vite ses stars, la première étant Claudine Beccarie, laquelle fit même l'objet d'un documentaire en 1975 "Exhibition" de Jean François Davy, resté célèbre pour sa scène de masturbation qui servit d'affiche au film. Davy continuera sur cette lancée avec "Les pornocrates" puis "Exhibition 2" consacré celui-là à Sylvia Bourdon. De surcroît, il sortira une réédition du premier "Exhibition" pourvu de quelques séquences montrant Beccarie quatre ans après, éloignée du porno pur élever des lapins dans les Deux-Sèvres tout en se produisant nue cependant de temps à autre dans les fêtes foraines.
Elle fut en ce sens un symbole de ce type de cinéma qui rêva un temps d'être comme les autres mais dut se contenter d'un ghetto suite aux lourdes taxes imposées par la loi X du gouvernement Giscard. Et c'était parti pour une nouvelle générations de vedettes (Brigitte Lahaie, Richard Allan et consorts) Gouvernement qui se voulait fer de lance de la modernité et de la liberté. A condition que ça puisse rapporter des ronds. Comme toujours...