Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "L'amour est un chien de l'Enfer/Crazy love" de Dominique Derrudere (Belgique, 1987)
Trois étapes dans la vie d'un homme, amoureux perpétuellement malheureux, entre espoirs déçus, rêveries romantiques et obscénité.
Sorti en 1987 dans son pays et en 1989 en France, "L'amour est un chien de l'Enfer" bénéficia d'une certaine promotion grâce à sa filiation avec Charles Bukowski.- l'auteur avait d'ailleurs donné son aval au réalisateur après que celui-ci lui eut montré le brouillon de ce qui deviendrait le présent long métrage. Toutefois, si le film porte le titre d'un recueil de poèmes du célèbre graphomane alcoolique, il ne s'en inspire que très lointainement. En effet, divisé en trois segments, seul le dernier est effectivement lié à l'écrivain. Bukowski était à la vérité à la mode durant les années 80, en particulier en France, suite à l'offensive éditoriale menée par la maison le Sagittaire, le scandale chez Pivot, et l'adaptation des "Contes de la folie ordinaire" par Marco Ferreri, qui déplut fort à l'éthylique poète germano-américain.
Foin des détails, qui du film lui-même? Pour faire court, en trois tableaux, le récit d'un exclu de la vie, d'un rêveur cocufié par la réalité depuis l'enfance ou il découvre que les princesses et les chevaliers n'existent qu'au cinéma et se rattrape en apprenant à se masturber, jusqu'à l'âge adulte ou il trouve enfin l'amour dans la personne...d'une morte. En passant par l'adolescence ou il interprétera de manière très personnelle le "bal de fin d'année" cher aux américains.
L'histoire d'un échec absolu, en somme, d'un voyage qui ne mène peut-être pas en Enfer mais à la solitude, à l'alcoolisme puis finalement à la mort, ultime refuge d'une vie ratée.
Un film sur le désespoir en couleurs vives et au rythme enjoué,. Ce qui le rend beau..et d'autant plus triste.