Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "Heureux qui comme Ulysse" de Henri Colpi (France, 1969)
Antonin, un garçon de ferme doit emmener pour son patron un vieux cheval de travail Ulysse à Arles afin que celui-ci y serve pour les corridas. Sachant que cela revient à condamner le cheval à mort, Antonin décide de rendre l'animal à la nature.
Dernier film tourné par Fernandel, "Heureux qui comme Ulysse" émeut par son récit d'un homme et d'un animal qui arrivent chacun au terme de leur vie. Pour Antonin, le vieux garçon de ferme, le voyage qu'il accomplit avec Ulysse est l'occasion de revenir sur son passé, ses souvenirs, ses regrets et, parfois, de trouver l'apaisement. Pour le cheval, c'est l'occasion de finir sa vie de manière heureuse. Le ton est poétique, de par le titre qui se réfère au célèbre poème de Du Bellay et la chanson du générique interprétée par Georges Brassens (Qui n'en est pas l'auteur, soit dit en passant) Hymne à la liberté et à la nature, le film porte un regard amusé mais jamais méchant sur la modernité et offre à ce titre un document sur les années Pompidou alors débutantes. Sinon, c'est une jolie promenade à travers la Provence et un bel adieu à l'écran de la part de Fernandel qui devait décéder un an après la sortie du film. L'acteur joue sur plusieurs registres même s'il privilégie ici l'émotion, mais sans jamais trop en faire.
Un très joli film, donc, idéal pour Noel ou le nouvel an.