Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.
Aujourd'hui: "L'habit ne fait pas la femme" de William A. Graham ('Change of habit", Etats-unis, 1969)
Trois novices sont envoyées en civil dans un quartier misérable de New York afin d'éprouver leur foi. Elles travaillent alors en tant qu'assistantes docteur John Carpenter, spécialiste des troubles mentaux. Rapidement, l'une des nonnes en devenir Soeur Michelle tombe amoureuse du séduisant médecin...Commence alors pour la jeune religieuse un dilemme...
"L'habit ne fait pas la femme" est le dernier film d'Elvis Presley (De fiction, cela va sans dire, je ne compte pas les documentaires "Elvis: that's the way it is" et "Elvis on tour") Outre qu'il marque les adieux du King ua Septième art, il reflète l'anarchie de le fin de sa carrière sur les écrans, et plus largement, celle frappant Hollywood à cette époque, en l'occurrence les années soixante finissantes.
Mais il faut commencer par le commencement.
Le cinéma a constitué pendant près de dix ans l'essentiel de l'activité du chanteur. Il y a un paradoxe dans cette phrase, celui d'un artiste qui se consacre à côté de son art. Certes, ses talents musicaux furent bien souvent sollicités à cette occasion et, dans la plupart des cas, dans des bluettes kitsch. Du moins jusu'à la fin des années 60, décennie maudite pour de nombreux fans. Cependant, de par son volume (Plus de vingt cinq films, quand même) la filmographie d'Elvis ne peut être détachée de l'histoire du cinéma. De par leur nombre, leur succès mais aussi leur caractère. Dans l'excellent livre "Elvis au pays des merveilles", ils sont assez bien définis comme entre deux chaises: la comédie musicale en train de disparaître et le vidéo clip balbutiant alors appelé scopitone. Entre le classique et le moderne, en somme.
Et cela marcha. Jusqu'à la fin des 60s, avec l'arrivée du mouvement hippie et ce qu'on appellera plus tard le "Nouvel Hollywood". Les romances chantées sans réel récit sur fond de cartes postales cessaient de faire recette. "Diable, Diable!" se dirent les producteurs en se grattant la tête. Aussi tentèrent-ils de livrer des produits susceptibles de se caler dans cette mutation en cours. Cela donna des bizarreries ou la vieille garde hollywoodienne se perdaient dans des histoires de drogue lourdement saupoudrées d'effets psychédéliques. "Skidoo" de Otto Preminger est l'une de ces tentatives qu'on qualifiera poliment de piteuses.
Les films d'Elvis ne pouvaient échapper à ce tourbillon et à ce titre "L'habit ne fait pas la femme" le démontre peut-être plus que d'autres. Romance traditionnelle qui tâche de se montrer concernée par les problèmes en cours, le film brasse des sujets extrêmement graves; drogue, autisme, violence urbaine et pauvreté, entre autres choses. Ce qui donne un contraste étonnant, un cocktail qui ne prend pas vraiment mais qui a au moins le mérite d'aborder le thème de l'autisme et ce pour la première fois à l'écran. Par ailleurs, même s'il n'est pas interdit de sourire en voyant Elvis jouer un médecin (Vous croiriez en un médecin qui a la tête d'Elvis, vous?) celui-ci se montre meilleur comédien que de coutume, ce qui ferait presque regretter qu'il n'ait pas recommencé au moins de temps en temps. Quoiqu'il en soit, il se montre à l'aise, heureux et ça fait plaisir à voir. Sans doute était-ce parce qu'il remonterait bientôt sur scène.