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Bog auteur consacré à la littérature et au cinéma de genre, principalement le noir mais pas seulement.

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Cinéma

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Aujourd'hui: "Harold et Maude" de Hal Ashby (Harold and Maude, Etats-unis, 1971)

Un jeune homme riche, oisif et morbide écrasé par une mère envahissante trouve l'amour de sa vie dans la personne d'une vieille dame excentrique.

Le récent décès de l'acteur Bud Cort m'a donné envie de me pencher sur le rôle qui fit sa gloire au début des années 70, celui de Harold Chasen, spécimen de post-adolescent dépressif qui tue le temps en simulant des suicides et assistant aux funérailles de parfaits inconnus. Coincé entre son mal de vivre et une mère caricature de mondaine républicaine (Au sens américain du terme, c'est à dire conservatrice) il parvient à respirer grâce à une octogénaire genre pacifiste et fantasque, de quoi plaire au public hippie contemporain du film.

La liaison qui naît à caractère gérontophile est évidemment au centre du récit et suscita de nombreux commentaires plus ou moins influencés par les théories de tonton Sigmund. Ce thème était alors en vogue, en témoignent "Le lauréat", "Un été 42" ou, pour la France "Le souffle au coeur". Encore une fois, l'air du temps encourageait de tels sujets, la volonté de briser les tabous tant moraux que cinématographiques et ce afin d'élargir le champ des possibles. On peut ajouter à cela le goût du réalisateur Hal Ashby pour les personnages décalés bousculant l'ordre établi. Les exemples abondent dans sa filmographie du marin chahuteur de "La dernière corvée", au privé en lutte contre l'alcoolisme de "Huit millions de façons de mourir" en passant par le jardinier simplet en route vers la Maison blanche de "Bienvenue monsieur Chance". Dans tous les cas susmentionnés, il s'agit d'individus qui se débattent dans une vie qui ne leur convient pas et ont pour arme la fantaisie, fut-elle involontaire, comme c'est le cas dans "Bienvenue monsieur Chance"

"Harold et Maude" deuxième film du cinéaste, présente ce cas de figure à cette différence près qu'il s'agit d'un duo. Le gosse de riche en quête de lui-même dont la révolte n'a pas abouti et la vieillarde rebelle accomplie qui semble lui montrer la voie. C'est d'ailleurs ce qui motive les sentiments de ce garçon qui ne sait pas ou il va, au point de mimer la mort sans oser la vivre. Si je peux me permettre une phrase pareille. Cela et le vécu de cette femme qui en cela s'oppose au personnage de la mère, grande bourgeoise à l'existence toujours protégée. Et aux fiancées potentielles que cette dernière tente d'imposer à son fils et que celui-ci s'ingénie avec succès à faire fuir. Il est par ailleurs sous-entendu au détour d'une scène que Maude a eu des moments difficiles sinon pires. Après tout, elle est assez âgée pour avoir connu deux guerres mondiales et la grande dépression. 

Il y a un autre aspect qui est beaucoup plus survolé - du moins dans les articles que j'ai pu lire- c'est le rôles des hommes. Car, oui, il y en a. Un prêtre, un psychiatre et un militaire, un général qui se trouve être l'oncle d'Harold. De ces trois rencontres, celle-ci est la plus significative. Comme à son habitude, Harold fait tout pou rebuter son interlocuteur. Et y parvient. Mais dans ce cas précis, c'est la manière dont il s'y prend qui diffère. Au lieu de simuler un suicide, il se montre enthousiaste à l'idée de tuer un ennemi, jusqu'à rêver de ramener des trophées. La question qu'il serait permis de se poser est: Joue-t-il vraiment? En retournant sa violence virtuelle pour une fois contre les autres, Harold ne montre-t-il pas une part de lui-même qu'il cache voire ignore?

Je n'ai pas la réponse. Mais, avant de conclure, une chose est certaine: s'il est un absent dans cette histoire, c'est le père de ce garçon pour le moins perturbé. Un lien entre cette absence et le malaise?

 

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